very bad mom

Episode 1: « comment en suis-je arrivée là?? »

J’ai échoué. J’ai échoué à éduquer mes  2 garçons de manière bienveillante.

J’étais pourtant partie avec le désir vif de les protéger et de préserver ce qui leur restait d’innocence. Mais la tâche est plus hardue qu’il n’y paraît.

J’ai dû faire face à mes mauvais côté en tant que maman. Et j’ai souvent craqué devant l’insolence de l’un et la vulnérabilité de l’autre.

UN CONTEXTE

En même temps que je subissais une violence physique, verbale et  psychologique, je voyais que tout cela m’affectait. Mes aînés subissaient la même chose mais à un degré autre, quoique pour des enfants une violence est une violence.

Déjà bien avant de partir, je voyais que mon autorité sur mes enfants diminuait. Ils étaient habitués à me voir en position de faiblesse, à me voir  être rudoyée ou méprisée, à voir mes prises de décisions en tant que maman contestées et rendues insignifiantes. Quelle douleur de les voir me défendre et finalement prendre pour moi.

Je n’avais pas la capacité de mettre fin aux violences subies par mes enfants. J’étais faible et ils le voyaient.Je n’avais pas le droit d’intervenir et si je le faisais au final c’était pire pour chacun de nous.

LES CRISES

Et puis, le petit dernier a commencé à faire des crises qui sont devenues récurrentes dès qu’il avait une frustration. Des cris à vous glacer le sang et accompagné de violence (lance tous les objets qui lui tombe sous la main). Tape dans le mur, claque les portes.

Ma première solution fut de lui parler pour l’amener à se calmer. Mais les crises étaient rapprochées et récurrentes déclenchées à la moindre dispute entre lui et son frère, la moindre bagarre, il ne veut pas cette assiette mais l’autre, il ne veut pas rentrer, il ne veut pas ceci et celà…jusque là tout va bien, c’est un enfant.

Mais les crises montrent un autre degré de souffrance.

Je parle beaucoup avec mes enfants. Mais là les paroles ne trouvaient pas échos. Il ne se calme pas. Mes premières réactions furent de le mettre dans la chambre qu’il partage avec son frère. Mais il en sortait. Et avant cela ,il jette tout à terre,tape sur la porte..crie…

LA PRESSION

« Tu n’as pas d’autorité sur ton enfant »

D’autres conseilleraient une bonne claque, une bonne fessée et c’est fini. Laissez moi vous dire que non ce n’est pas fini, pas pour un enfant qui a été éduqué à la main depuis sa plus tendre enfance, pas pour un enfant qui a évolué dans un contexte de violence. En fait, ce n’est pas une solution. C’est pire. Et Tu ouvres pour toi-même une porte qui te semble être une solution mais que tu as ensuite du mal à refermer.

Et c’est ce qui m’est arrivé et à chaque fois, une profonde douleur d’avoir craqué, un dégoût de sois-même de ne pas être parvenue à se retenir de frapper.

LA REMISE EN QUESTION, LES DOUTES(?)

Je lutte contre moi-même, contre ma colère, je lutte pour l’éloigner de moi lorsqu’il est en crise. Je parle, je tente de le calmer et finalement je craque, je sors de mes gonds, je frappe.

Ce n’est pas cette mère que je veux être, purée. Je ne veux pas être maltraitante, je ne veux pas infliger ce que l’on m’inflige. Mais bon, j’ai franchi une ligne.

Comment faire face? Comment m’en sortir? Alors que tu ne trouve pas en ton conjoint,un échappatoire? Sa solution proposée au comportement perturbé de cet enfant ne laissait pas de place pour une éducation bienveillante.

MES SOLUTIONS

Alors voilà ce que j’ai d’abord essayé:

  • qu’il prenne conscience de son problème( tu ne dois pas te mettre en colère comme ça) . Lui expliquer que la colère provient du Shaytan, lui raconter des histoires notamment celle de Adam et Eve ou de Habil wa Qabil pour qu’il voit jusqu’ou la colère mène.
  • et lui proposer une solution pour qu’il ait une maîtrise de lui-même:qu’il récite son invocation (a’oudhou billahi minal shaytani rajim)
  • Mon premier outil :  les livres sur la colère. Dont celui-ci qui est mon préféré car du coup les enfants pouvaient voir cette colère sous une forme physique. Nous rigolions en l’enfermant dans son sac. « les enfants vous prenez votre colère et on l’enferme,voilà! »Ils ont beaucoup aimé Allhumma barik.

sac à colère

Voilà, je me confie à toi lectrice; ce sujet n’est pas glamour, il n’est pas facile à lire, ou à admettre. Ces mères qui frappent leur enfant souffrent du vieux cliché qui résument leur acte à »une fatigue excessive » ou « une raison de se défouler après une dure journée ». Non c’est plus complexe que cela.

POURQUOI CETTE CHRONIQUE?

Parce que j’ai décidé d’être honnête avec moi-même. Et c’est la première étape vers la guérison.

Parce que je ne veux pas éduquer mes enfants de cette manière.

Que la violence conjugale ne doit pas être banalisée. Les victimes femme et enfants en tirent forcément des séquelles, qui peuvent se manifester de pleins de manière mais qui sont bel et bien là.

Parce que il y’a d’autres mères qui comme moi souffrent de ce problème. Je parle de celles qui veulent en sortir et qui souffrent dans leur coin. Ne trouvant personne à qui s’adresser.

Si tel est ton cas, relève la tête, tu peux t’en sortir. Je ne dis pas que c’est facile mais il y’a des solutions.

Je te montre mes tentatives et je veux que tu saches que tu n’es pas seule.

« Y arriverais-je? » Oui incha Allah

Dans la suite, je te montrerais la suite des outils et méthodes que j’ai mises en place incha Allah.

 

 

 

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