Ce jour-là, il n’a pas fini son assiette. Et là vous vous êtes inquiètée.

Sachez que chez les enfants, c’est courant. Ils ne finissent pas toujours leur assiette, rechignent parfois à manger certains aliments.

Il ne faut pas en faire un drame. On a parfois essayer toutes les solutions, phrases « clés » et eu recours à tous types de chantages, y voyant souvent LA solution:

En jouant sur l’émotion : « tu ne vois pas ces petits qui meurent de faim, regarde comment ils sont maigres, eux ils n’ont pas à manger, alors que toi,oui! »

Parfois on opte pour un peu plus d’optimisme : « si tu mange bien, tu deviendras grand et fort comme ton papa,incha Allah »

Et puis vient le chantage…

« mange tout ton repas et tu auras des bonbons »

Franchement, c’est le chantage le plus basique qui ai existé mais qu’on utilise tout de même. Car ça ne fonctionne pas à tout les coups car qui dit que si il n’ya pas de récompense à la clé, il mangera son repas?

Dans la plupart des cas, on opte pour une punition privative: « comme tu n’as pas fini tout ton repas, tu n’auras pas de dessert,ton jouet, etc »: Il faut tenir compte aussi du fait que tous les enfants ne peuvent pas être soumis à une restriction alimentaire. Certains sont déjà bien chétifs pour ne pas dire maigre. D’autres n’ont pas d’appetit. Dans ces 2 cas, la restriction leur porte préjudice. Ce n’est donc pas une méthode à utiliser pour tous les enfants ni très éducative. En ce qui concerne le fait de confisquer le jouet ou la sortie, il est important de garder une certaine cohérence dans les punitions.

Le risque encouru peut être le fait que l’enfant associe le fait de manger à une corvée. Si il ne mange pas tout son repas, il n’aura pas sa voiture préférée. Il peut alors être amener à se forcer. Qu’allez-vous faire si il rechigne à chaque repas?

A bout devant l’enfant qui ne mange rien de rien, on aura alors recours à l’intimidation: « mange tout ton repas où je vais te mettre la fessée »

Et puis les nerfs lâches et là ça devient physique:  » tiens la fessée, tu l’a mérité. Tu n’avais qu’à manger! »

Si toi, adulte on te mettais quelques tapes bien placées parce que tu as refusé de finir tes macaronis comment le prendrais-tu? Mal, mais on sait qu’il n’y aura personne qui lèvera la main sur toi quand tu  ne finis pas ton repas et que tu n’as plus faim.

La violence face à un enfant qui ne finit pas son assiette n’est pas la solution. Vous le dégoûterez de la nourriture, et ses souvenirs de repas familial s’il y’en a seront irrémédiablement associés aux punitions qu’il a subit. Vous êtes peut être persuadée que vous agissez pour son bien, détrompez-vous. Vous le brisez mentalement. Le plaisir de manger est remplacé par la peur de recevoir des coups ou d’être puni.

Le dénigrement  pertpétuel a les mêmes effets dévastateurs: « regarde comme tu es maigre! »; les comparaisons avec le frère ou la soeur qui mange davantage…Tout cela ne sont pas des solutions et amènera plutôt l’enfant à perdre confiance en lui, et créera davantage de rivalité avec la fratrie.

Aussi, délaissez ce type de comportement.

Pourquoi tant d’inquiètude et de frustration devant son attitude?

Notre malaise peut  être  lié au fait que petit, nos parents nous sermonaient eux-même sur l’importance de bien manger pour être fort et en bonne santé. Certains se sont fait tapés, d’autres ont subit des remarques blessantes sur leur poids. Ce qui en ressort c’est que l’enfant doit manger de tout même s’il n’aime pas.

Je me souviens, enfant à l’école on nous servait des repas insipides mais si tu ne vidais pas ton plateau, tu restais à ta table, sous la surveillance de l’animateur et tu pouvais y passer ta récrée. Alors quand tu vois tes camarades te quitter un à un, tu n’as plus d’autre choix de de finir ton boudin et ta purée!(je n’étais pas alors musulmane)

Et puis justement,  il y’a le cliché de l’enfant qui finit toutes ses assiettes, qui est associé à l’épanouissement, la bonne santé. Donc quand notre petit néglige le plat que l’on vient de lui servir: on pense: maladie, mal-être.

La mère est associée à celle qui nourrie, qui sauvegarde le bien-être de son enfant. C’est la raison pour laquelle dès qu’un problème de santé survient chez notre petit, on s’inquiète, et on culpabilise. « C’est de ma faute,j’aurais dû être plus vigilante »

On vit le refus de l’enfant de se nourrir comme un échec, cela entraîne aussi de la frustration, car on estime que l’on s’est investie pour son bien-être et plutôt que d’être reconnaissant, il a une attitude ingrate. Il fait des caprices.

Un enfant bien portant est forcément un enfant heureux et ça marche aussi dans l’autre sens…sauf que là c’est plus tragique: les parents de l’enfant maigrichon sont négligents!Et encore plus la mère dont l’image nourricière est à double tranchant.

Donc face au réchignement de son enfant face au repas, ce sont de vieilles peurs qui surgissent telle que la peur du regard que les autres porteront sur notre rôle de mère.

Et c’est encore plus dur lorsque on doit supporter les remarques extérieures, des amis, ou membres de la famille.

comment parvenir à le faire manger?

Tout d’abord, dédramatisez. Peut-être tout simplement a t-il un tout petit appetit. Si cette seule idée a dû mal à vous convaincre, rappelez-vous de ce hadith:

« Jamais le fils d’Adam n’a rempli de mal un récipient comme son ventre. Pourtant quelques bouchées suffisent au fils d’Adam pour se maintenir. S’il ne peut en être autrement, qu’il réserve un tiers pour sa nourriture, un tiers pour sa boisson et un tiers pour sa respiration ».

Avant de voir les problèmes, voyez les solutions.

Valorisez votre implication dans son bien-être,tout en restant objective. Pas de: « je cuisine trop bien, cet enfant a forcément un problème » mais plutôt « je lui prépare tout ses repas, d’où vient le problème? »

Analyser la situation. S’agit -il réellement de troubles alimentaires, de caprices…ou alors les plats que vous lui cuisinez sont cruellement fades et/ou pas bons. N’oubliez pas que au cours de son développement, les goûts de l’enfant change et plus encore lorsqu’il a accès à une nourriture variée.

Peut-être la cause de ce manque d’appetit réside t-il dans vos fourneaux?

Intéressez-vous à ce que vous cuisiner…c’est vrai que on n’y songe pas mais , peut-être tout simplement que vos repas laissent à désirer.

En étant objective, mangeriez-vous le repas que vous avez préparé? Souvent parce que du fait de notre éducation ou du milieu duquel on est issus, on est apte à manger de tout. On pourrait avaler facilement un plat fade, et hônnetement on a plus de facilité à avaler un repas mal cuisiné lorsque c’est nous que le faisons que lorsque c’est quelqu’un d’autre. Donc mettez-vous plutôt à la place de votre enfant.

Pour mon premier, je lui cuisinais des petits pots de purée de légume que je ne salais pas pour des raisons de santé, aussi pour les épices je n’y ai même pas songé persuader que bébé n’a pas besoin de tout cela. La chute fut brutale. Un jour il goûta du tchep, gracieusement offert et par la suite impossible de lui faire avaler mes supers purée pleine de vitamines!

ça me servit de leçon « maman c’est pas parce que je suis un bébé que je n’ai pas de goût pour les bonnes choses… »

j’ai arrêté les purées fades à souhait et j’ai opté pour plus de saveurs!

Variez vos repas et appliquez-vous à cuisiner en combinant astucieusement besoins nutritifs et plaisir.

Ayez confiance en vous! Souvent face aux refus répétitifs, on devient en quête de réconfort et de bons conseils…

A l’époque, une soeur bienveillante, m’a prodigué ses méthodes pour alimenter mon premier (oui, le même)

Elle avait une petite fille qui rechignait également à manger. Elle me confia qu’au début,elle aussi rencontrait les mêmes problèmes que moi, mais qu’il fallait se montrer ferme et qu’ensuite l’enfant ne résisterait plus. En fait, sa méthode consistait à maintenir fermement la machoire de sa fille et à lui mettre la nourriture de force dans sa bouche. La petite finissait tout son repas bon gré mal gré.

J’ai tenté, mon fils était moins difficile mais entre les pleurs et le fait de devoir le forcer à chaque fois, ne m’ont guère convaincue.

D’après ‘Ouqbah ibn ‘Amer Al Jouhny, le prophète (salallahou ‘alayhi wa salam) a dit: « Ne forcez pas vos malades à manger et à boire,puisqu’Allah le glorifié et le magnifié les nourrit et leur donne à boire. »( At-Tirmizi, dans son jami’a)

Par ailleurs, rappelez-vous de la nourrice qui a été condamnée pour avoir forcé un bébé à manger. Ce bébé, âgé de 14 mois a fait une fausse route (la nourriture ne passe pas par l’oesophage mais se dirige vers les voies respiratoires) il en est mort.

Les médecins sont unanimes: il ne faut pas forcer un enfant à manger!

Moralité: tous les conseils, ne sont pas bons à prendre!

Sachez que les troubles de l’appetits chez l’enfant, peuvent également être dû à l’environnement familial(problème de couples, disputes en présence des enfants, arrivée d’un petit dernier, etc) à vos propres habitudes alimentaire (vous ne prenez pas vos repas en famille, les horaires ne sont pas définies, vous mangez peu même en présence de vos enfants…)

Soyez donc observatrice et misez tout sur la communication.Parlez avec lui sans lui mettre de pressions. Votre enfant est-il heureux, épanoui?

Les troubles de l’appetit sont souvent le résultat d’ un mal-être, un traumatisme..Si le problème se répercute sur son poids,sa croissance, il est utile de consulter un pédiatre et un pedo-psychiatre.

Des solutions

-Pourquoi ne pas présenter ses repas d’une autre manière, en lui permettant par exemple de manger en famille ou juste avec son frère ou sa soeur,dans le même plat?

-Cuisinez des aliments qu’il aime déjà, et introduisez en faible quantité ceux qu’il est susceptible de ne pas aimer(comme de manière générale, les légumes!)

-Essayer de retarder les horaires, peut être les heures de repas  sont-elles trop rapprochées?

– Le matin privilégiez un fruit ou une compote  avant qu’il entame le reste de son déjeuner. Il boit du lait? Si vous lui donnez en accompagnement des tartines, incitez-le à les tremper dans son lait ou au moins à les manger avant. Pourquoi? Parce que si il boit son lait en premier, son estomac sera vite rempli et il aura toutes les peines à finir ses tartines.

– Au lieu de s’astreindre à lui proposer 3 repas +le goûter, complètez par exemple par des collations en milieu de matinée(après le petit déjeuner et le déjeuner)

-N’alourdissez pas le repas du soir, afin de favoriser une meilleure digestion et donc un meilleur sommeil

– Lorsque vous faites vos courses, choisissez avec lui les aliments qu’il va manger, profitez de votre balade pour lui apprendre le nom des légumes, fruits, poissons ou viande! Incitez-le à s’intéresser à son bien-être en lui permettant de participer en tant qu’acteur au courses, et non plus comme un simple spectateur!

-Rappelez-lui que que la nourriture est un bienfait son corps est une amânah et que s’il en prend soin il en sera récompensé car Allah lui permettra de bien grandir et d’être en bonne santé.

Dans tous les cas, l’apport de vitamines et des activités sportives

– Des sirops existent et sont également des compléments alimentaires puisqu’ils apportent les vitamines nécessaires à l’organisme de l’enfant.

Autre alternatives, misez sur le fenugrec , une graine qui est connue pour favoriser et développer l’appetit.

-inscrivez-le à des activités spotives. Si vous n’en avez pas les moyens, emmenez-le au parc pour qu’il puisse s’y défouler.

Qu’Allah nous facilites, amine